Quinquennal 2024-2029

Axe principal – Canon et modèles : appropriation et renouvellement des textes et des figures de l’Antiquité à la Renaissance

L’équipe se propose de réfléchir collectivement pour le quinquennal 2024-2029 aux pratiques diverses de la référence aux Anciens dans la définition des canons, dans la constitution des modèles et dans l’évolution des normes au sein du contexte antique et à la Renaissance. Il s’agira notamment d’explorer les multiples facettes de la culture antique de l’exemplum et de l’auctoritas, des pratiques d’imitation-émulation des auteurs ou artistes. L’originalité de l’approche, conformément à la spécificité de l’équipe depuis sa création, réside dans l’exploration des pratiques de la référence aux Anciens à divers niveaux : dans les textes et dans les images, au sein même de l’Antiquité – c’est alors la référence des Romains aux précédents et modèles grecs qui sera au cœur de la réflexion – puis de l’Antiquité à la Renaissance. La double perspective interdisciplinaire et diachronique permet de fédérer des approches qui sont traditionnellement abordées séparément : le thème se prête idéalement au dialogue entre les disciplines de la littérature, de l’histoire de l’art et de l’histoire, au carrefour des sciences de l’Antiquité et de la réception de la matière antique.

Plusieurs thématiques constituent et nourrissent cet axe principal.

Autour des uiri illustres : figures emblématiques, personnalités illustres, entre Antiquité et Renaissance

Un premier axe de réflexion s’articulera autour de l’élaboration, la mise en série, la réception et la réappropriation de figures emblématiques : exempla historiques et moraux, summi uiri “incarnant” avec éclat les uirtutes cardinales, mais aussi figures auctoriales voire mythologiques érigées en modèles.

En premier lieu, des enquêtes sur les galeries de portraits sculptés (statues ou bustes) ou peints et leur présence dans l’espace de la cité romaine sont menées par les historiens de l’art antique et archéologues de l’équipe. Deux types d’ensembles cohérents sont abordés : d’une part les cycles d’effigies de poètes, philosophes, auteurs grecs exposés prioritairement dans des résidences privées parfois dotées d’importantes bibliothèques (sur le modèle de la célèbre villa des Papyri à Herculanum), qui représentent la mémoire et la koinè culturelles de l’Empire romain, mais expriment également les préférences ou les orientations philosophiques des commanditaires et propriétaires de ces résidences ; d’autre part les galeries mettant en regard les figures politiques du passé (magistrats, rois, généraux triomphants) avec des personnalités contemporaines et exaltant leurs actions, conquêtes ou “vertus” comparées ; à l’époque impériale, si les statues de summi viri du Forum d’Auguste, évoquant les imagines d’un gigantesque atrium gentilice à la gloire des Iulii, constitue un modèle souvent imité, les galeries des cités du monde romain paraissent plus éclectiques, puisqu’elles réunissent fréquemment des personnalités emblématiques de la Grèce classique, des royaumes hellénistiques et du passé républicain. La sélection des figures, leurs conditions de mise en scène, leurs messages font l’objet de réflexions à la fois ponctuelles, appuyées sur des études de cas précises (à titre d’exemple, des enquêtes sont en cours au sein de l’équipe sur les cités d’Italie, en particulier celles du Latium vetus) et des synthèses régionales (par exemple les portraits de summi viri en Gaule romaine, à partir du programme statuaire exceptionnel de la Villa de Chiragan à Martres-Tolosane en cours de publication, les échos du programme figuratif du Forum d’Auguste dans les provinces ou les galeries d’empereurs à Dougga en Afrique romaine, qui font l’objet de remaniements à la fin de l’Empire).

Les biographies sérielles ou “parallèles”, catalogues d’hommes illustres, recueils et collections de portraits d’hommes et de femmes illustres, qui composent un immense corpus textuel (principalement en langue latine) bénéficiant actuellement d’un regain d’intérêt, font l’objet d’un second ensemble de travaux. Ils développeront plusieurs approches : la composition des séries, la hiérarchisation au sein de ces dernières, la confrontation des portraits littéraires et iconographiques dans les ouvrages ou les décors monumentaux, enfin l’actualisation des figures, notamment par leur insertion dans des généalogies. Des études plus ponctuelles sur des figures singulières à la renommée incontestée et ayant à ce titre joui d’une fortune particulière dans la très longue durée, sont également menées (réflexion croisée sur la réception littéraire et iconographique des douze Césars par exemple).

Une exploration féconde est également menée à propos des figures mythologiques et du symbolisme dont elles ont été chargées dans l’art et dans la littérature latine, de l’Antiquité à la Renaissance. Si les voies d’étude ont été parcourues par d’innombrables chercheurs, sur ce sujet, il semble que l’on puisse continuer à apporter des éléments nouveaux en examinant des corpus littéraires et des objets d’art souvent délaissés. On pense en particulier à un certain nombre de dialogues latins de la Renaissance disputant des passions, de l’amour et de ses méfaits, qui mettent en scène des figures mythologiques dont le symbolisme serait à rapprocher des décorations privées des chambres de hauts personnages contemporains (Bartolomeo Sacchi, dit Il Platina, Contra Amores ; Pietro Cavretto [Petrus Haedu], Anterotica, et des cassoni de mariage ou des panneaux décorant des chambres nuptiales).

Une dernière thématique est constituée par la poésie astrologique latine et les programmes décoratifs qui s’y rapportent, qui combinent des traditions exégétiques des mythes nombreuses, rendues complexes par le recours à des sources antiques moins connues que celles utilisées au Moyen Âge. L’Urania de G. Pontano qui est étudiée au cours d’un séminaire semestriel régulier et objet de recherche privilégié d’un programme IUF senior, témoigne ainsi de cette complexité de l’érudition et gagnerait à être rapprochée de sources artistiques inspirées de l’antique illustrant des thèmes astrologiques dans les palais contemporains ou juste postérieurs (à Ferrare, à Rimini notamment).

Événements et réalisations

Un colloque international à la croisée des deux premières thématiques a été organisé par É. Séris les 10-12/10/2023 à la Sorbonne : Portraits d’hommes et de femmes illustres de l’Antiquité au XVIIe siècle

Travaux d’Adrian Faure sur Scipion l’Africain entre Antiquité et Renaissance

Pratiques de la référence

Une autre voie d’approche privilégiée de ces modèles réside dans l’examen des modalités successives ou contemporaines de la réappropriation, des procédés référentiels mis en œuvre. Leur identification permet de recomposer la stratification des sens et de rendre à chaque usage ou forme intermédiaire sa place et son importance dans la chaîne de transmission.

La réflexion collective, qui rassemble les diverses spécialités de l’équipe au cours d’un séminaire régulier, et se décline également, en fonction des projets, en rencontres thématiques, est structurée autour de quatre modalités spécifiques de la référence, de la reprise littérale à “l’imitation créatrice”, de la fidélité sémantique au détournement. De nouveau, elle met en regard et croise perspectives textuelle et iconographique.

Traduction, lexique

L’exploration d’un premier aspect du transfert, la traduction, s’appuie sur l’engagement des membres de l’équipe dans le projet PhiLat, financé par l’ANR, porté au Centre Léon-Robin et coordonné par Jean-Baptiste Gourinat et Hélène Casanova-Robin. Ce dernier vise à établir un lexique des termes et concepts philosophiques latins et des termes grecs qu’ils traduisent pour montrer comment les notions philosophiques grecques ont été traduites et acclimatées à Rome, dans les textes philosophiques comme dans l’ensemble de la littérature. On cherche ainsi à comprendre comment cette tentative a réussi à créer un nouveau lexique, à initier un mouvement de transfert culturel et a aussi, en retour, transformé la culture source.

Événements et projets en cours

Séminaire de philosophie hellénistique et romaine co-organisé par Juliette Dross (programme 2025)

Citation

Un second axe est voué à la description et à l’analyse des opérations de reprise littérale d’énoncés dans des textes d’époque et de nature variées, issus de divers contextes sociolinguistiques et plus largement culturels ; il s’agira d’en évaluer les enjeux, mais aussi les effets, et de développer une réflexion sur les aspects concrets de leur présentation, leurs marqueurs notamment dans les manuscrits, mais aussi sur les notions de formule, de répétition, de paraphrase ou reprise partielle. On s’intéressera aussi au décalage fréquent entre la citation ou l’emprunt au texte source et sa recontextualisation dans un sens autre, souvent à explorer de près.

Dans le domaine de la culture figurative d’époque romaine, la fixation et la transmission de motifs iconographiques “canoniques” d’une époque à l’autre (de la Grèce classique à la Rome républicaine et impériale), ou d’un support à l’autre (marbre, bronze, terre cuite, ronde-bosse ou reliefs) constituent un volet important de la réflexion, à partir des travaux récents consacrés à la réception romaine des œuvres grecques, qui ont renouvelé leur approche et contribué à réhabiliter les “copies” d’originaux grecs, lesquels soulèvent une série de problèmes liés à l’imitation et à l’émulation artistiques. On s’interroge ainsi sur les diverses modalités de la reproduction (idèle, sérielle, massive, libre…), mais aussi sur la pertinence de l’approche récente consistant à analyser les formes de dépendance stylistique de l’art romain vis-à-vis de l’art grec à partir des catégories antiques de translatio, imitatio, aemulatio, interpretatio

Projets en cours

Projet d’édition numérique du Corpus Grammaticorum Latinorum (CGL), porté par A. Garcea et V. Lomanto, destiné à réunir sur une plateforme en ligne l’ensemble des manuels de grammaire de la latinité tardive, désormais prolongé par le projet ERC LiTeRA (Advanced Grants), dont l’objectif est de proposer, à partir du corpus des grammairiens antiques (souvent transmis de manière fragmentaire), une généalogie de la science linguistique romaine

Projet “Voix subalternes dans l’historiographie impériale”, porté par L. Autin, consacré aux modes de citation et de restitution des discours non sénatoriaux et non impériaux dans l’historiographie impériale de langue latine et grecque

Commentaire

Une autre voie privilégiée réside dans l’examen du commentaire à ces figures, à ces objets ou ces personnalités antiques, qu’il s’agisse d’étudier leurs exégèses et leurs réécritures, leurs illustrations, leurs imitations en vertu de canons structurés, ou leurs transpositions. On s’efforce d’identifier ces voies de médiatisation et de repérer comment elles ont participé à la survivance, voire à la réorientation sémantique des figures, comment ces figures elles-mêmes se chargent progressivement de commentaires intrinsèques jusqu’à devenir des lieux de débat, où se sont confrontées la diversité des sens et la pluralité des savoirs, donnant lieu à des compositions tout à fait novatrices.

Le commentaire des textes antiques acquiert une forme nouvelle à l’âge de l’humanisme et de la Renaissance. Des textes “oubliés” au cours du Moyen Âge sont alors redécouverts, lus à travers des outils nouveaux, au gré d’une attention plus grande accordée à la langue et à la comparaison des variantes, si bien que la forme même du commentaire se diversifie. Si la tradition des scholies antiques perdure, apparaissent aussi des dialogues qui mettent en débat les écrits de l’antiquité, les images, les doctrines et les modes de pensée, en renouvelant leur charge symbolique ; plus encore, ce sont aussi des œuvres de fiction, en prose ou en poésie, romanesques ou dramatiques qui portent également une visée exégétique des figures antiques, explicitement, ou par le seul effet de l’imitation apparente, contribuant à diffuser leur commentaire de façon plus allusive. L’essor de la philologie impose une nouvelle attention au sens premier, à l’usage antique de l’image et motive le décryptage symbolique. L’érudition est alors nourrie de sources multiples qui participent de l’acclimatation des formes et des figures antiques. Les langages diffusés par les textes et des images, de plus en plus souvent associés, s’enrichissent de discours seconds qui acquièrent alors une autonomie certaine, pour forger de nouvelles formes littéraires, élaborent de nouveaux supports artistiques, dans une intégration toujours diversifiée des objets antiques.

Une thématique féconde s’organise autour du commentaire, de la reprise et de l’acclimatation de la poésie de Lucrèce dans toute la tradition des textes poétiques latins, de l’Antiquité jusqu’à la Renaissance, en particulier dans la poésie astrologique et scientifique. Si l’épicurisme reste un objet de contestation, Lucrèce demeure en effet un modèle poétique d’autorité pour l’inventivité de sa langue et la performance de sa représentation poétique de la nature et de ses phénomènes. Il est une source féconde où les auteurs puisent pour figurer à leur tour les théories de la physique, celles de la nature et celles relative à la physiologie animale (et humaine). Source d’inspiration et de réinterprétation, Lucrèce, même quand il est imité ou contesté, demeure un objet de débat : les poètes postérieurs insèrent dans les emprunts au De rerum natura, ou dans l’imitation qu’ils peuvent en proposer des indices de divergence, ou d’interrogation qu’il est fructueux de pointer et d’analyser. Cette enquête est menée aussi bien chez les auteurs antiques et tardo-antiques, que chez des poètes latins de la Renaissance tels G. Pontano ou Scipione Capece qui mettent en œuvre des modalités souvent subtiles pour imiter ou dévoyer la poésie lucrétienne. C’est un point que l’on retrouve encore dans des textes du XVIIe siècle et à l’aube du XVIIIe siècle, par exemple chez le Cardinal Melchior de Polignac, dont l’Antilucretius reste pour le moins ambigu dans son rapport à Lucrèce.

Projets en cours

Projet “Tacitus On Line” fondé par I. Cogitore à Grenoble, désormais porté par L. Autin, qui propose une édition numérique et une analyse des commentaires renaissants (en néo-latin ou en langue vernaculaire) à Tacite, dont le rôle de “modèle” (littéraire, moral, politique) est l’objet d’âpres débats au XVIe siècle

Projet sur le fonds ancien de la bibliothèque Fesch d’Ajaccio, qui a donné lieu à un colloque organisé le 11/06/2024 par Hélène Casanova-Robin sur les savoirs anciens dans ce corpus
Séminaires et journées d’études autour de Lucrèce et la tradition lucrécienne de l’Antiquité à la Renaissance

Circulation, transmission et hybridation des modèles

Dans le domaine de l’archéologie et de l’histoire de l’art, le questionnement sur les modèles et les canons ne peut s’affranchir d’une longue tradition d’études vouées à établir et à affiner des typologies. Un volet important du renouvellement des approches typologiques porte donc sur l’architecture théâtrale antique, qui fédère les orientations de recherche de plusieurs membres de l’équipe ; il se développera d’abord à partir du cas des théâtres de Pompéi, remis en contexte au sein du foyer d’innovation que constituent pour l’architecture théâtrale la Campanie et l’Italie centrale et méridionale. L’objectif est de ne plus seulement considérer l’évolution des formes architecturales de manière purement formelle et linéaire, mais de l’intégrer dans une réflexion sur les fonctions et les usages de ces lieux. Une notion centrale réside dans l’articulation entre “modèle grec” et “modèle latin” de théâtre, les théâtres de Pompéi étant habituellement considérés comme symptomatiques de la transition de l’un à l’autre. Il poursuivra également les travaux entrepris lors du contrat précédent sur le théâtre antique d’Orange (l’un des trois édifices de spectacles les mieux conservés du monde romain), notamment par l’approfondissement de l’étude de son décor marmoréen : les statues et reliefs qui l’ornaient illustrent l’éclectisme référentiel propre à la culture figurative romaine, en particulier le courant “néo-attique”, qui met en œuvre des citations et des réinterprétations de plusieurs styles “rétrospectifs” de la sculpture grecque, où dominent le courant classicisant et les modèles athéniens.

Un second volet est consacré à l’étude des éventuels transferts de savoir-faire techniques, de nouveau à l’échelle de la ville de Pompéi (techniques de construction), de la Campanie et du Samnium (comparaison des formes architecturales et des techniques de construction pour les théâtres) : en particulier la question des dispositifs hydrauliques dans les édifices de spectacles (hygiène, confort des spectateurs, optimisation des réseaux) fait l’objet de recherches ; à l’échelle plus large de l’empire romain, on peut signaler une collaboration dans le cadre du projet ACoR, Atlas des techniques de la Construction romaine ainsi que la réflexion sur les ateliers de sculpture funéraire et la circulation des modèles architecturaux et iconographiques dans les provinces occidentales développée dans le cadre du projet SIGNA NARBO (LaBeX Archimède) portant sur le lapidaire funéraire de la capitale de la Narbonnaise au début du Principat.

La période impériale et l’Antiquité tardive sont des moments charnières dans la transmission en latin des savoirs ; les compilations tardo -antiques, tout particulièrement, résument les enjeux majeurs de la période et forment un corpus particulièrement éclairant. Les compétences de l’équipe unissent divers regards sur l’encyclopédisme antique, de Pline l’Ancien à Martianus Capella, et explorent tant les étapes de sa formation que les modalités de sa transmission.

Projets en cours, événements et réalisations

Cycle de conférences trinationales de la Villa Vigoni sur “Pline l’Ancien, la nature et nous”, porté pour sa partie française par V. Naas et s’inscrivant dans les célébrations du bimillénaire de la naissance de Pline l’Ancien

Projet “TeatriPop” sur les théâtres de Pompéi piloté par É. Letellier-Taillefer (financement Émergence de Sorbonne Université)

Colloque organisé par Angeliki Boikou et Fatima El Matouni les 12-13/10/2023 à Vérone sur l’érudition à l’époque des Antonins

Axe transversal – Humanités numériques

Accompagnant le renouvellement de fond des méthodes en humanités classiques, l’équipe a choisi d’inscrire les humanités numériques comme axe transversal (ou méthodologique) de ses recherches, plusieurs de ses membres ayant développé une expertise dans le domaine et ayant mis les outils numériques au cœur des projets passés, actuels et à venir.

Cet axe transversal s’inscrit en outre dans la dynamique scientifique suscitée à Sorbonne Université par la création du Sorbonne Center for Artificial Intelligence (SCAI) et peut s’appuyer sur le soutien offert par l’Institut des Sciences du Calcul et des Données (ISCD), dans lesquels les membres de l’unité sont actifs depuis plusieurs années (participation au projet ObTIC Observatoire des textes, des idées et des corpus du SCAI, projet SONAT en collaboration avec l’ISCD), ainsi que par l’unité de service du CERES (Centre d’expérimentation en méthodes numériques pour les recherches en Sciences Humaines et Sociales), avec laquelle dialoguent certains projets de l’équipe (projet Tacitus On Line par exemple).

Le caractère pluriel des applications et projets relevant des humanités numériques fait l’originalité de l’unité : en effet ils portent à la fois sur des ensembles textuels et des objets et corpus archéologiques. L’objectif de ce positionnement est de créer un espace de réflexion commun permettant de parvenir à une complémentarité, voire une convergence méthodologique, de partager les pratiques, les outils, les enjeux voire les limites des usages du numérique dans le domaine de l’analyse des textes et des images de l’Antiquité à la Renaissance, mais aussi dans celui de la visualisation et la reconstitution d’édifices, ou objets ou faits archéologiques. Il est ainsi prévu de procéder à des “retours d’expérience” réguliers dépassant les frontières disciplinaires, réflexion qui trouve notamment sa place dans des séminaires périodiques de l’équipe.

Plus spécifiquement, c’est l’expertise singulière développée par les membres de l’unité dans trois domaines complémentaires qui structure cet axe.

Volet 1 – Analyses et éditions critiques numériques de corpus textuels

Ce volet regroupe les projets prévoyant la conception et le développement d’environnements numériques d’édition critique et d’annotations de corpus textuels.

Projets

Projet CGL et site Corpus Grammaticorum Latinorum (A. Garcea, cf. supra)

Projet ERC LiTeRA (A. Garcea, cf. supra)

Projet Tacitus On Line et plateforme en ligne d’édition des commentaires à Tacite (L. Autin, cf. supra)

Volet 2 – Analyses lexicales

Ce volet porte sur l’analyse automatique et l’utilisation des outils numériques pour interroger la constitution des lexiques techniques

Projets

Projet PhiLat (H. Casanova-Robin, cf. supra)

Volet 3 – Archéologie numérique : numérisation, visualisation et reconstitution 3D

Ce volet se donne pour objectif de renforcer son expertise dans l’analyse et la restitution architecturales et décoratives en archéologie romaine : analyse du bâti, étude du matériel lapidaire (statues, reliefs, décor architectural), des inscriptions (graffiti). Il se fonde notamment sur l’expérience acquise grâce à la direction de deux projets sur le théâtre d’Orange (NuméRO- Numérisation et Restauration de la frise dionysiaque du théâtre d’Orange et SONAT) et la participation à l’ANR E-ROMA (E. Rosso).

Projets

Projet Bruits de couloir : étude en contexte des graffiti du couloir d’accès aux théâtres de Pompéi, restitution virtuelle et annotation numérique du corpus (L. Autin et É. Letellier-Taillefer, financé par le projet Émergence TeatriPop d’É. Letellier-Taillefer, cf. supra)

Projet SIGNA-NARBO sur la collection lapidaire de Narbonne, dont l’un des objectifs est la modélisation 3D d’une partie des blocs dans le cadre d’un partenariat avec la plateforme PLEMO3D (E. Rosso)

Volet 4 – Diffusion des travaux scientifiques : édition électronique

Enfin, un quatrième volet concerne l’effort engagé par l’unité pour suivre les recommandations des tutelles relatives à la science ouverte : mise en ligne des publications sur HAL (dans le respect des copyrights des éditeurs), respect des normes FAIR, développement des publications en open access