Le séminaire doctoral Antheia, réunissant les doctorants des ED 022 (Mondes antiques et médiévaux) et ED 124 (Histoire de l’art et archéologie) et organisé par Sarah Filliatreau, Sofia Gazea, Aurélie Sicabaigt Lapeyre et Pierre Zuliani, tiendra sa quatrième séance de l’année 2025-2026 le mercredi 14 janvier de 17h30 à 19h30 dans la salle D421 (Maison de la Recherche).
Lors de cette séance, qui portera sur la poésie latine, nous aurons le plaisir d’écouter Maria-Chiara Bergonzi et Sofia Gazea.
- Maria-Chiara Bergonzi, “L’aemulatio dans la littérature et dans l’exégèse. Virgile, Homère et leurs anciens interprètes”
L’Énéide de Virgile dialogue avec les poètes grecs anciens : Théocrite, Hésiode, Euripide, Apollonios de Rhodes et, surtout, Homère. Le but du poète latin était en effet Homerum imitari, « imiter Homère », mais aussi le dépasser, en donnant vie au poème national de Rome. Pour mener à bien cette mission, Virgile ne s’est pas contenté de lire les deux poèmes homériques, mais aussi les commentaires qui avaient été produits tout au long de l’époque hellénistique et romaine. Par la suite, les exégètes de Virgile se sont appropriés les méthodes et les centres d’intérêt de la tradition philologique homérique, avec peut-être le même désir de rivaliser avec leurs prédécesseurs grecs. L’aemulatio devient ainsi un concept applicable aussi bien aux genres littéraires qu’à la pratique du commentaire.
- Sofia Gazea, “Les enjeux de l’étude des adespota tragica : analyse de deux fragments anonymes cités par Pseudo-Censorinus”
La présente communication souhaite mettre en lumière les défis rencontrés lors de l’étude des fragmenta adespota tragica, à savoir les fragments tragiques qui nous sont parvenus sans titre ni nom d’auteur dans les sources secondaires. Nous allons nous focaliser sur deux fragments cités par Pseudo-Censorinus (fragmenta adespota 122 et 123, TrRF I2) dans le XIVe chapitre (De legitimis numeris) de son traité encyclopédique, probablement composé à la première moitié du IIIe siècle après J.-C. Certains philologues ont attribué ces vers à la pièce Medus de Pacuvius, tandis que d’autres les ont considérés comme fictifs. Cependant, une analyse détaillée, à la fois linguistique et littéraire, des fragments, ainsi que de leur contexte de citation, remet en question ces hypothèses, tout en montrant que les deux fragments sont authentiques et qu’ils ne s’inscrivent probablement pas dans le même épisode mythologique.