Dimitri Mézière soutiendra le 7 novembre prochain sa thèse de doctorat, “Science et artifice dans l’œuvre érotodidactique d’Ovide. Enjeux épistémologiques, éthiques et esthétiques de la réévaluation du concept d’ars dans l’Ars amatoria, les Remedia amoris et les Medicamina faciei femineae“, préparée sous la direction de Mme le Professeur Hélène Casanova-Robin.
La soutenance aura lieu dans la Salle des Actes de la Sorbonne à 14h.
Le jury sera composé des Professeurs Hélène Casanova-Robin (Sorbonne Université), Bénédicte Delignon (Université Paris Nanterre), Luigi Galasso (Università Cattolica del Sacro Cuore – Milano), Jean-Christophe Jolivet (Sorbonne Université) et Katharina Volk (Columbia University).
Résumé
La notion d’ars est au fondement de l’oeuvre érotodidactique d’Ovide. Polysémique, elle embrasse un large sémantisme qui oscille entre les sens de « science », de « technique », et ceux d’ « adresse », d’« artifice ». En lisant l’Ars, les Remedia et les Medicamina sous l’unique prisme du badinage, la critique a souvent nié qu’il existait une science dans l’enseignement du praeceptor et a principalement envisagé l’artifice au travers de son effet humoristique. Notre thèse constitue une étude du concept d’ars au sein des trois poèmes et vise à réévaluer l’œuvre érotodidactique d’Ovide à partir de ce pour quoi elle a été paradoxalement dépréciée : son manque de scientificité et son excès d’artificialité. Notre étude part du constat qu’en l’espace de plusieurs centaines de distiques se succèdent des préceptes qui prétendent enseigner un savoir. La première partie de notre enquête s’attache à appréhender la forme et la nature du savoir du praeceptor amoris, d’une part en le re-contextualisant dans le développement des artes à la fin de la République et au début de l’Empire et, d’autre part, en envisageant l’habileté technique et rusée comme un mode de connaissance. Une étude spécifique est ensuite consacrée à la médecine et à la magie dans les Remedia et les Medicamina au sein desquels le paradigme de l’ars médicale occupe une place centrale. Une troisième partie examine successivement les trois règles de l’ars dégagés (modus, decorum, dissimulatio) et souligne leurs liens de parenté avec les principes issus de la rhétorique. Est enfin analysée la façon dont Ovide revalorise l’artifice, au travers de son effet illusionniste, et place celui-ci au coeur d’une vision du monde et de la poésie.