Mélanie Labernède soutiendra le 13 mai prochain (13h30) en salle des Actes de Sorbonne Université sa thèse intitulée « Sciences et poésie dans les Géorgiques de Virgile ».
Les membres du jury sont :
- Mme Hélène CASANOVA-ROBIN, Professeure, Sorbonne Université (Directrice)
- M. Francesco CITTI, Professeur, Université de Bologne
- M. Jean-Christophe JOLIVET, Professeur, Sorbonne Université
- Mme Sabine LUCIANI, Professeure, Aix-Marseille Université
- M. Damien NELIS, Professeur, Université de Genève
- Mme Maud PFAFF-REYDELLET, Maîtresse de conférences HDR, Université de Strasbourg
- M. Alessandro SCHIESARO, Professeur, Scuola Normale Superiore, Pise
Résumé de la thèse :
Notre étude a pour objectif de réévaluer la valeur épistémologique des Géorgiques de Virgile, en étudiant comment la transmission de connaissances au moyen d’une complexe composition littéraire peut engager une réflexion à nouveaux frais sur l’appréhension de son environnement par l’homme de l’Antiquité.
Dans une première partie, nous examinons le mécanisme d’intégration des données scientifiques au sein des Géorgiques, fruit du travail du poète guidé par la volonté de rester au plus près de son sujet : après avoir examiné le mécanisme de confrontation et d’adaptation des sources par le poeta doctus, nous montrons comment ce dernier combine les données issues de l’expérience sensible aux éléments théoriques, et comment il s’approprie les théories de la physique empédocléenne pour construire son « poème de la terre » où la logique d’équilibre prime.
Nous observons dans un deuxième temps comment les savoirs se trouvent intégrés dans les Géorgiques au moyen des instruments, que sont la mémoire et les signa, utiles à l’homme dans sa pratique concrète de l’agriculture tout autant que dans son processus de déchiffrement des phénomènes.
Nous nous focalisons enfin sur deux concepts poétiques constituant des clés de voûte, en ce qu’ils ordonnent et surplombent le mécanisme d’intégration des sciences au sein de l’œuvre. L’analyse des effets de clair-obscur révèle comment le poète utilise l’ombre et la lumière pour structurer son discours sur la nature et dévoiler la manière dont l’homme s’y intègre ; l’architecture duelle du poème rend compte, par un maillage unitaire et nuancé, des rapports tantôt harmonieux et prolifiques, tantôt violents et destructeurs de l’homme avec sa communauté, le vivant ou encore les dieux.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Louis Autin (4 mai 2026). Soutenance de thèse de Mélanie Labernède. Rome et ses renaissances. Consulté le 19 juillet 2026 à l’adresse https://romerenaissances.hypotheses.org/3041